19/01/2022

BLOG | Comment consommer de l’IT tout en s’engageant pour le numérique responsable ?

Par Morgane Sanfins, Consultante fonctionnelle
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En mai 2021, Klee Group a formalisé son implication RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) en devenant signataire du manifeste Planet Tech’Care, s’engageant à réduire ses impacts environnementaux. A présent, l’entreprise travaille à l’obtention du label Numérique Responsable, et met en place de plus en plus d’initiatives liées à la RSE. Alors c’est quoi, exactement, et pourquoi ça nous concerne ? On vous explique ça en quelques lignes. 

Planet Tech’Care

 

Qu’est-ce que le « numérique responsable » ? 

 

Parfois nommé « Green IT », il est désormais plutôt désigné comme « Sustainable IT » ou en français, le numérique responsable, et cela pour mieux refléter ses thématiques qui sont plus larges que la seule problématique environnementale. Le numérique responsable est écologique, mais aussi équitable et inclusif. 

 

Quelle empreinte pour le numérique ? 

 

On parle beaucoup de « dématérialisation » avec le digital, mais le digital, c’est aussi du matériel ! La construction d’équipements électroniques nécessite l’extraction de métaux, dont beaucoup de métaux rares, qui génèrent des centaines de fois leur poids en déchets miniers. Ces déchets polluent les pays où se trouvent les mines, détruisent les écosystèmes locaux et dégradent la qualité de l’air et de l’eau des habitants. 

Les réseaux électriques et de télécommunications ne sont pas neutres non plus : on estime que la distribution d’électricité seule consomme chaque année environ la moitié de la consommation mondiale totale : 11 millions de tonnes de cuivre1 et cela ne fait qu’augmenter ! 

A l’autre bout de la chaine, ce n’est pas mieux : les équipements numériques sont vite remplacés et jetés, en 2019 ils représentaient 54 millions de tonnes de déchets2 soit une fois et demie les déchets des ménages français, dont une grande majorité (90%) n’est pas recyclée et finit en décharge3

Du côté de l’inclusivité, on peut envisager l’IT comme un moyen de rendre plus accessibles certains contenus, mais ce n’est pas une réalité pour tous : 

  • 12% des foyers en France n’avaient pas d’accès à internet en 20194 

  • Les personnes en situation de déficit visuel ou auditif sont de fait exclues d’une grande partie des contenus : une étude de 2016 sur un échantillon de sites grand public n’en trouve aucun qui remplisse tous les critères du RGAA (Référentiel général d'amélioration de l'accessibilité) les plus basiques et 80% qui ne remplissent même pas un tiers de ces critères5

Le passage en ligne de certains services essentiels peut donc contribuer à précariser davantage des populations déjà en situation de fragilité.  Cela a pu être le cas durant les fermetures de services physiques pendant la crise du COVID par exemple. 

 

Comment améliorer notre impact ? 

 

La fabrication d’équipements représente la majorité de la pollution qu’ils génèrent au cours de leur vie : un smartphone produit environ 5kg de CO2 par an en utilisation, contre 60kg de CO2 et 90kg de déchets miniers durant sa fabrication2. Pour réduire cette pollution, il faut donc tout d’abord diminuer la fabrication d’équipements neufs ! Par exemple, en 10 ans, si un téléphone est renouvelé tous les deux ans, on arrive à 350kg de CO2 ; si vous gardez chaque téléphone 5 ans, ces émissions sont divisées par deux

Pour cela : 

  • Conserver aussi longtemps que possible les équipements fonctionnels 

  • Réparer les équipements défectueux plutôt que de les remplacer 

  • Lorsqu’ils doivent l’être, se tourner vers le reconditionnement plutôt que la poubelle 

 

De plus, certaines sociétés de reconditionnement permettent à ces équipements d’avoir une nouvelle vie entre les mains de personnes ayant des difficultés à se les procurer neufs, ce qui contribue aussi à réduire la fracture numérique, d’autres, comme APR2 qui traite les déchets électroniques pour Klee, s’engagent particulièrement pour l’emploi et l’inclusion des personnes en situation de handicap. 

 

Si ces conseils sont valables pour tous, ils le sont d’autant plus pour des entreprises, qui ont des flottes d’appareils beaucoup plus importantes, et donc impactantes. Chez Klee, des écrans défectueux ont été réparés au Turing Lab et sauvés de la casse, et on espère pouvoir poursuivre cette dynamique plus largement pour réduire nos besoins de remplacement. 

 

Il y a aussi des appareils qu’on ne voit pas.  Ceux qui stockent nos données, les transmettent ou supportent « le cloud ».  Mais ils sont bien réels : être attentif à l’utilité et au volume des contenus qui sont créés et partagés (y compris celui des contenus et applications web !), les supprimer quand ils deviennent obsolètes, cela permet aussi de réduire les besoins de ces appareils. 

 

Les sites web qui sont utiles, évolutifs et atteignent toute leur cible ont une meilleure empreinte : ils réduisent les besoins de contenus supplémentaires et permettent d’inclure un maximum de personnes.

Pour cela, la participation des futurs utilisateurs dès les phases de cadrage et conception est clé ; les experts UX de Klee sont spécialisés dans l’identification de ces besoins, pour éviter le gâchis et le phénomène de « feature factory ». C’est aussi à ce moment-là que les normes RGAA doivent être mises en place pour un site accessible aux personnes porteuses de handicap. 
Par la suite, la recherche et la prise en compte des retours utilisateurs, préconisés par l’approche Agile largement pratiquée par nos équipes avec nos clients, sont aussi un moteur pour qu’un contenu reste pertinent, et que les fonctionnalités obsolètes soient supprimées. 

 

Et les autres industries ? 

 

Malgré son empreinte pas si verte, le numérique peut aussi être un outil puissant pour réduire l’empreinte d’autres secteurs : des projets visant à réduire l’énergie dépensée, optimiser le stockage de données, éviter le recours aux archives papier ou faciliter l’accès à l’information de personnes défavorisées peuvent avoir une influence positive ! 

Le secteur du numérique continue de grandir de plus en plus vite, et son empreinte avec, mais ce n’est pas une fatalité ! Êtes-vous prêts à agir pour la réduire ? 

 

Quelques liens pour aller plus loin : 

 

Sources : 

1: La consommation des métaux du numérique, 2020 
2: Outlook on global e-waste generation 2019-2030, 2021 
3: UNODC Transnational Organized Crime in East Asia and the Pacific, 2013 
4: Baromètre du numérique 2019 
5: Etude Ipedis 2016