PRESSE | ZDNet : "Au-delà de l'inefficacité : les risques cachés du silotage des données"

17/09/2026

Patrick Jabelin, Responsable des offres chez Klee Group, signe une tribune publiée par ZDNet le 17 septembre 2026. Il y remet en cause une idée répandue : cloisonner les données ne les protège pas, et peut même aggraver les risques. Le silotage ralentit les organisations, mais ce n’est pas son coût le plus lourd : il crée des risques qui ne se révèlent qu’au moment d’un incident.

Un silo n’est jamais étanche

Dans une organisation, le travail circule entre les équipes : un dossier client passe de service en service, un projet mobilise plusieurs directions. Quand le stockage ne suit pas ce mouvement, les collaborateurs improvisent : envois par messagerie, fichiers exportés, copies d’écran, fichiers gardés en local. Chaque contournement fabrique un doublon. Pour Patrick Jabelin, ces doublons non encadrés sont la source de presque tous les risques qu’il détaille.

Quatre failles concrètes

La maîtrise de la donnée : les versions divergent et il devient impossible de savoir laquelle est la bonne, si bien que les décisions se prennent sur des chiffres qui ne se recoupent pas. Il rappelle l’estimation de Gartner : une mauvaise qualité de données coûte en moyenne 12,9 millions de dollars par an aux grandes entreprises. La traçabilité exigée par le RGPD et la limitation des durées de conservation deviennent aussi difficiles à garantir.

La confidentialité : un accès supprimé à un endroit peut rester actif ailleurs, et chaque silo supplémentaire offre un point d’entrée de plus aux attaques. Selon IBM (2024), 35 % des violations de données impliquent des sources non gouvernées. Côté juridique, un secret d’affaires se défend plus difficilement si l’entreprise ne peut démontrer qu’elle l’a protégé de manière raisonnable.

La confiance : collaborateurs, clients et partenaires font face à des informations incohérentes. D’après Cisco (2023), un consommateur sur trois a déjà changé de fournisseur à cause de pratiques de gestion des données jugées inacceptables. Vis-à-vis des autorités, ne pas pouvoir cartographier ce qui a été compromis expose à des sanctions pouvant atteindre 10 millions d’euros ou 2 % du chiffre d’affaires mondial.

La souveraineté : l’organisation ne sait plus avec certitude chez qui circulent ses données ni sous quel cadre juridique, notamment face aux législations extra-européennes comme le Cloud Act. Consolider ou migrer ces données devient aussi plus coûteux, à l’heure où le Data Act impose la portabilité.

Ce que les dirigeants doivent regarder en aval

Aucun outil, y compris l’IA, ne remplace le travail de fond que représente la gouvernance des données : une démarche exigeante, à mener dans la durée. Pour Patrick Jabelin, le débat a trop longtemps porté sur la performance. L’attention des dirigeants doit désormais se tourner vers ce qui se joue en aval : qualité, confidentialité, confiance et souveraineté. Une gouvernance rigoureuse des données est la condition d’une organisation de confiance, conforme et maîtresse de son patrimoine informationnel.

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