28/03/2022

BLOG | eLearning Expo : Le Salon de la formation et du Digital Learning : les 5 tendances du learning​

Par Mathilde Béghin & Claire Venance
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Aaah la formation, une pratique qui s’inscrit au-delà d’une simple tendance. Cette réelle révolution de l’apprentissage en entreprise prend désormais des formes multiples, ce qui demande de s’adapter continuellement.

 

Il est toujours bon de se tenir au courant des dernières nouveautés, afin de pouvoir rivaliser d’ingéniosité pour vos futurs projets de formations, et ainsi développer vos compétences de la manière la plus adaptée possible. ​

C’est pourquoi Klee a envoyé son équipe de choc au salon du E-Learning, afin de vous partager les toutes dernières innovations en matière de formation digitale. 5 grandes tendances se sont dessinées, qu’elles soient parfaitement nouvelles ou bien toujours dans l’air du temps, du fait de leurs succès. ​

 

1. La Gamification​

 

Qu’est-ce donc la gamification ? Quel nom étrange venu tout droit du vocabulaire anglais ! Pour nous autres "moldus", il s’agit de la ludification. Ça ne vous aide pas plus ? Ah mince. Sebastian Deterding* (Chercheur doctorant en communication à l'école supérieure du centre de recherche sur les médias et la communication de l'université de Hambourg) l’explique très bien, sinon : ​

La gamification est l’utilisation d’éléments du design de jeu [notamment du jeu vidéo] dans des contextes non ludiques

 

L’apprentissage étant généralement perçu comme contraignant et rébarbatif, l’objectif de la gamification est, de ce fait, de le rendre plus immersif et ludique, afin de faciliter l’implication et l’engagement des salariés. Dans le contexte de la formation, le principe de la gamification ne s’arrête pas à cela. À tort, nous limitons la gamification à l’attribution de points et de badges. Or, il n’en est rien. Ou du moins, la gamification est bien plus riche. La gamification cherche à jouer sur la motivation extrinsèque ET intrinsèque. Autrement dit, la gamification permet, effectivement, de se voir attribuer des récompenses, visant à matérialiser virtuellement le succès de la formation, mais elle permet aussi, entre autres, de créer de l’engagement, du sens et de l’autonomie. En France, en 2020, on décompte plus de 36 millions de joueuses/joueurs. De là, pourquoi ne pas s’appuyer sur une pratique culturelle populaire pour allier le jeu et la qualité de l’apprentissage ? ​

Après tout, qui n’aime pas jouer ? Depuis toujours, les enfants apprennent par le jeu. C’est la manière la plus efficace de stimuler leur mémoire et, de par leur implication, ils apprennent. Sur une note plus introspective : sachez que si nous n’avions pas cessé d’être des enfants, nous n’aurions jamais arrêté de jouer, et de là, d’apprendre. ​

exemple

  •  

    Escape Game virtuelsur le thème de la sobriété
    numérique par Klee Group
    pour un objectif de formation
    interne​

  •  

    Jeu vidéosur le thème du management
    pour les directeurs de magasins
    par GameLearn pour Decathlon​

 

Cependant, rien n’est jamais tout blanc ou tout noir. Vous vous en doutiez. La difficulté de la gamification repose dans sa création et sa mise en œuvre, car beaucoup sont ceux encore à douter de l’intérêt de l’apprentissage par le biais du jeu. C’est alors qu’un accompagnement en conduite du changement est nécessaire afin de fédérer et d’engager vos équipes.​

2. Le Métavers​

 

Plaît-il ? Si le but était de vous perdre, je crois que nous avons réussi, non ? Ne vous inquiétez pas, nous allons traverser ce moment ensemble. Même si son nom peut faire penser le contraire [on vous l’accorde], le métavers reste un concept simple.    ​

  ​

Il désigne un monde collectif virtuel en trois dimensions, parfaitement immersif qui donne lieu à des interactions réelles. Le but visé du métavers est de constituer de nouveaux espaces en ligne, qui constitueront le futur de l’internet, dans lesquels les participants peuvent s’immerger complétement et interagir en temps réel dans le contenu numérique fictif en étant maître de leurs avatars. Le métavers peut reproduire quasiment à la perfection un monde réel, y compris en termes d’expériences sensorielles, que ce soit au niveau de la vue ou de l’ouïe, ce qui rend la pratique d’autant plus réaliste. Dans le cadre d’une formation, vous pourriez, par exemple, être amenés à apprendre avec vos collègues dans un bureau numériquement reconstitué à l’identique. Les possibilités sont bien plus grandes encore. Le Métavers n’a pas fini de nous surprendre. ​

Qui n’a jamais rêvé de se former à la gestion de projets sur une île paradisiaque, où les mots apprentissage et baignade seraient de la partie ? ​

  ​

Je sais, je sais… Cela peut paraitre fou, mais c’est pourtant l’avenir. Nul ne pourra y échapper : tourisme, sport, divertissement, santé et j’en passe. Tous les secteurs sont concernés, y compris celui de la formation.  Alors autant s’y préparer. Les interactions prennent une nouvelle forme et bientôt, vous serez peut-être amenés à évoluer dans la peau d’un manager pour se former autour du management à distance, à faire vos afterworks, ou bien rencontrer l’amour de votre vie (qui sait ?) au travers d’un monde parallèle sur la base d’interactions qui sont, elles, bel et bien réelles. Le métavers pourrait aller jusqu’à modifier radicalement nos rapports sociaux et notre mode de vie de tous les jours... C’est en cela que de nombreuses entreprises prennent le train en route, en intégrant la réalité virtuelle dans leurs modules de formation.​

 

exemple

  •  

    Création d'un campus virtuelpour l’école de commerce Neoma 
    Business School, par Laval Virtual​

  •  

    Ateliers en réalité virtuellesur le thème de la sécurité digitale
    par Preventirisk​

 

Néanmoins, quelques dangers liés au métavers subsistent, à commencer par les cas de harcèlements sexuels. Effectivement, à mesure que la réalité virtuelle devient plus immersive, l’expérience des utilisateurs devient plus réelle.  Or, on a tendance à oublier l'influence que cela peut avoir sur la réalité. L’absence de conséquences dans le métavers a donné lieu à ce que certains utilisateurs fassent preuve de comportements abusifs, voire dangereux. Car, là où le monde virtuel n’est pas réel, les êtres humains qui le confectionnent et qui évoluent en son sein le sont. L’effet Proteus, théorisé par des chercheurs de l’université de Stanford, stipule que les utilisateurs auraient tendance à reproduire le comportement de leur avatar virtuel dans la réalité. Ainsi, des comportements agressifs dans le métavers pourraient appeler à des comportements inappropriés dans la vie réelle. ​

Qu’on le veuille ou non, le métavers constituera notre avenir. Alors autant le rendre à notre image. Ou peut-être pas, finalement... À défaut d’avoir encore inventé la téléportation, l’être humain a pour outil le métavers, pour lequel il devra sensibiliser au civisme.​

 

3 – Le Podcast​

 

Le podcast ? Kézako nous diriez-vous !  Ne vous inquiétez pas nous sommes là pour vous renseigner. En nous perdant dans les allées du salon, nous avons rencontré un intervenant qui vantait les mérites de l’apprentissage par l’ouïe. Nous en avons profité pour lui tirer les vers du nez…​

Le podcast c’est tout simplement un contenu audio que l’on peut écouter n’importe où, n’importe quand et qu’il est possible de télécharger en tout légalité ! C’est un outil numérique à la portée de tous et les entreprises, avec la crise du Covid, se sont tournées de plus en plus vers cet outil prometteur. Près de 885 262 nouveaux podcasts sont apparus en 2020, le triple des chiffres de 2019. Son ascension est due notamment à sa facilité de prise en main et à l’autonomie qu’il offre à ses utilisateurs. En tout cas, c’est ce que nous a affirmé l’intervenant de l’entreprise AFFEN.​

C’est un très bon outil de connaissance qui favorise la compréhension et la mémorisation, et l’utilisateur peut être polyvalent et effectuer d’autres tâches tout en apprenant.

Mais notre interlocuteur nous a mis en garde, le podcast peut être un outil avec très peu d’interactivité et peu de retour d’expérience des utilisateurs une fois écouté. Il est nécessaire de bien choisir les acteurs qui interagiront dans le podcast, de choisir un discours qui suscitera l’émotion et sera inspirant pour garder accroché l’apprenant.​

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que si le message est intéressant et pertinent, mais que l’intervenant ne sait pas choisir ses mots ou se perd dans son discours, l’objectif du podcast risque d’être perdu et avoir moins de portée pour les utilisateurs.​

Il est donc important de choisir son message, de le scénariser, et de trouver l’interlocuteur le plus à même de délivrer la connaissance. Alors n’oubliez pas si vous souhaitez vous lancer : concernant le podcast le plus important n’est pas le message, mais le messager.​

 

4 – Le Blended-Learning​

 

Nos pas nous ont menés vers une conférence d’Eric Gabas, President & Solution Manager chez 1Day1Learn, qui vantait les mérites du blended learning. Vous ne connaissez peut-être pas son existence, mais en ces deux années de Covid, vous avez pu croiser sa route…Enfin c’est une façon de parler ! Le blended learning est la combinaison de l’apprentissage en ligne et de l’apprentissage en présentiel, il a connu un essor auprès des entreprises particulièrement important lors de la crise du Covid puisque les formations en présentiel n’étaient peu ou pas possible.​

Il a apporté ce qu’on peut communément appeler un « vent de fraîcheur » à la formation et des outils ont fleurit en conséquence pour accompagner le changement des méthodes de formation.​

 

exemple

  •  

    Teams s'est imposéet a façonné le milieu
    professionnel et notamment
    dans l’apprentissage​

  •  

    Des outils comme SPEACH
    ou encore Storyline
    qui ont rendu la création de vidéo
    et de parcours de formation
    beaucoup plus ludiques et à la
    portée de tous​

 

Cependant, bien que le blended learning soit réputé être une méthode d’apprentissage efficace, la pluralité et les nombreux outils qui sont apparus peuvent vite dérouter un formateur, et donc ses apprenants. Il convient de suivre quelques étapes pour proposer un contenu qualitatif :​

  • Déterminer les objectifs et les buts pédagogiques de la formation​

  • Sélectionner quelques outils d’e-learning à utiliser​

  • Détailler le plan de formation​

  • Créer un contenu qui suscite l’engagement​

  • Déterminer comment récupérer le feedback des utilisateurs​

Ces quelques étapes aident le formateur à trouver sa voie et ne pas s’éparpiller parmi la multitude d’outils à sa disposition, et qui perdrait aussi l’attention des apprenants. Selon Eric Gabas :​

Le facteur de succès, c’est l’humain !

Et évidemment, lorsqu’on anime en non-présentiel des formations, on peut plus facilement perdre son interlocuteur derrière l’écran. Il est donc nécessaire de susciter l’engagement absolument, mais également de former le formateur. Eh oui, après tout, lui aussi est un des facteurs humains déterminant ! Lui devra appréhender plusieurs rôles, celui d’animateur, de guide et de facilitateur afin d’accompagner à l’assimilation des savoirs par les apprenants.​

Le défi du blended-learning réside donc à la fois dans l’engagement de l’apprenant, mais aussi dans l’adaptation à ce nouvel environnement du formateur. ​

 

5 – Les Neurosciences​

 

Pourquoi n'y avons-nous pas pensé avant ? Une formation s'appuyant sur le fonctionnement de notre cerveau pour être plus efficace, on pourrait croire qu'on est à la limite d'un slogan publicitaire douteux. Et pourtant, rien de plus pragmatique que se fonder sur l'étude du comportement de notre organe le plus puissant, pour concevoir des modules d'apprentissage plus à même de favoriser la mémorisation et l'engagement.​

Les neurosciences nous donnent plusieurs clés, afin de rendre une formation plus efficace. ​

En voici quelques-unes, mais c’est bien parce que c’est vous 😊 : ​

 

  • Le cerveau est assailli par des biais cognitifs, tels que le principe de primauté, il est alors préférable de privilégier les images aux mots, puisque le cerveau va trois fois plus vite pour en décoder l’information.​

  • Le cerveau ne pouvant pas traiter un nombre infini d’informations en même temps, il s’agirait de limiter les éléments visuels au nombre de 4 maximum, comme le suppose l’étude et la création d’un modèle de la mémoire du travail de Nelson Cowan. ​

  • Une alternance dans l’apprentissage entre des séquences actives et passives rend l’apprenant acteur de sa formation, d’autant que cela stimule et retient l’attention de l’apprenant.​

  • Favoriser un visuel « brain-friendly ». En d’autres termes, il s’agit de rappeler les informations clés au travers d’une fiche récapitulative à la suite d’un apprentissage afin de booster la mémorisation, le tout de manière épurée.​

  • Une bonne formation ne peut pas oublier la dimension émotionnelle d’un apprentissage. De là, les neurosciences mettent en lumière l’intérêt des encouragements, des félicitations et des feedbacks, ainsi que la personnalisation.​

Encore peu utilisées dans le secteur de la formation, il est certain que les neurosciences représentent un levier essentiel d’innovation en matière d’apprentissage. N’hésitez plus à traiter votre cerveau comme un allié ! ​

 

 

Restez à l'affût : l'avenir se dessine !​

Vos journalistes d'investigation favorites reviendront bientôt pour de nouvelles aventures. ​

Donc, restez connectés. ​

Il se peut [et c'est confirmé dans l'oreillette] que de nombreux articles soient en préparation, pour vous présenter plus amplement les différents concepts exposés et bien d'autres encore. ​