BLOG | Comprendre l'impact environnemental du numérique : les enjeux expliqués de manière informée

18/08/2023

Le numérique a apporté des changements profonds à notre monde en facilitant la communication, le partage d'informations et la résolution de problèmes à l'échelle mondiale. Des domaines tels que la recherche médicale et la gestion de crises humanitaires ont grandement bénéficié de ces avancées. Cependant, il est important de reconnaître que l'utilisation massive des technologies numériques a également des conséquences environnementales significatives.

Dans cet article, nous allons explorer les tenants et les aboutissants de l'impact environnemental du numérique, en fournissant des exemples concrets pour une meilleure compréhension.

Afin de saisir pleinement les enjeux liés à l'impact environnemental du numérique, il est essentiel de comprendre les indicateurs utilisés pour étudier ce sujet.

Voici deux concepts clés :

  • L'évaluation globale multicritère :

Cette analyse examine l'ensemble du cycle de vie d'un équipement ou d'un service numérique, en tenant compte de la fabrication, de la seconde vie et du recyclage du produit. Il s'agit d'une approche holistique qui évalue différents critères pour évaluer l'impact environnemental.

  • L'Analyse du Cycle de Vie (ACV) :

C'est une méthode normalisée qui permet de mesurer de manière quantitative les effets des produits ou services numériques sur l'environnement.
Elle prend en compte toutes les étapes, de la conception à l'élimination, en passant par la production, l'utilisation et la fin de vie du produit.

Pour évaluer ces indicateurs, plusieurs données sont généralement utilisées. En voici quatre exemples :

  • L'énergie primaire : Il s'agit de l'énergie disponible dans la nature avant toute transformation ou conversion. Elle provient de ressources naturelles telles que le pétrole, le gaz naturel, le charbon, l'uranium, l'énergie solaire, éolienne et hydraulique, etc. Cette énergie primaire est ensuite convertie en énergie secondaire, comme l'électricité ou les carburants, pour répondre aux besoins de la société.
     
  • Les gaz à effet de serre (GES) : Ces gaz contribuent au réchauffement climatique en absorbant et émettant de la chaleur dans l'atmosphère. Les principaux gaz à effet de serre sont le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), le protoxyde d'azote (N2O) et les gaz fluorés.
     
  • L'eau : Ressource naturelle essentielle à la vie et à de nombreuses activités humaines, l'eau est utilisée dans l'agriculture, l'industrie et la production d'énergie. Toutefois, l'eau douce disponible sur Terre est limitée et sa répartition est inégale. Cela engendre des enjeux majeurs liés au stress hydrique pour l'humanité.
     
  • Les ressources naturelles abiotiques : ces ressources, telles que les minéraux, les métaux, le gaz naturel et le charbon, sont indispensables à de nombreuses activités économiques comme l'industrie, l'agriculture, la construction et la production d'énergie. Cependant, l'exploitation excessive de ces ressources peut entraîner des impacts négatifs sur l'environnement et la société.
Durée de vie des ressources

Comment agir de manière plus responsable : comprendre les enjeux et agir de manière responsable

Dans notre société moderne, les technologies numériques jouent un rôle prépondérant dans notre quotidien. Cependant, il est essentiel de prendre conscience des conséquences environnementales associées à cette utilisation massive des appareils numériques.

Dans cet article, nous explorerons les impacts écologiques du numérique et proposerons des actions concrètes pour réduire notre empreinte environnementale.

Dans un premier temps, il est intéressant de noter que les ressources les plus critiques pour nos appareils numériques ne sont pas toujours celles qui sont le plus médiatisées, comme le lithium ou le cobalt. En réalité, des métaux tels que l'antimoine, l'étain, le plomb, l'or, le zinc, le strontium et l'argent sont tout aussi essentiels. Les "terres rares", bien que leur nom puisse prêter à confusion, sont également des ressources abondantes sur notre planète. Cependant, elles sont souvent dispersées en faibles concentrations et leur extraction et purification s'avèrent coûteuses et polluantes. Certaines ressources cruciales pour le domaine numérique, comme le dysprosium, le terbium et l'yttrium, pourraient même venir à manquer à l'avenir.

L'un des principaux impacts environnementaux du numérique réside dans sa consommation énergétique considérable. Que ce soit pour alimenter les serveurs, les ordinateurs, les smartphones, les tablettes ou les centres de données, une quantité importante d'énergie est nécessaire. Selon une étude de l'Agence Internationale de l'Energie (AIE), le numérique représente environ 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Par exemple, regarder une heure de vidéo en streaming sur un smartphone ou une tablette peut émettre jusqu'à 55 grammes de CO2, soit l'équivalent d'un trajet en voiture sur une distance de 350 mètres.

De plus, la fabrication de nos appareils électroniques requiert l'utilisation de matériaux rares et précieux tels que le coltan, le cobalt, le lithium et le cuivre. Cependant, l'extraction de ces ressources a des conséquences environnementales néfastes, telles que la destruction d'habitats naturels et la pollution des sols et des eaux.

Un autre problème majeur réside dans la production croissante de déchets électroniques.
Selon le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), la quantité de déchets électroniques a augmenté de 21% en seulement cinq ans, atteignant près de 54 millions de tonnes en 2019. Ces déchets sont souvent mal recyclés ou jetés dans des décharges, entraînant la libération de polluants dans l'air et l'eau.

En outre, le numérique nécessite une consommation importante d'eau, que ce soit pour la fabrication des appareils, le refroidissement des centres de données ou la production d'énergie. Selon une étude de l'Université de Bristol, un seul datacenter peut consommer autant d'eau qu'une ville de 300 000 habitants, à moins d'être équipé d'un système de refroidissement optimisé et peu gourmand en eau.

Pour aller plus loin, voici comment l’architecture de nos équipements sont les plus polluants pourrait se présenter :

Tableau expliquant l’architecture de nos équipements les plus polluants

 Sources : The Shift Project / GreenIT

Face à ces enjeux, il est essentiel d'agir de manière responsable. Voici quelques pistes d'actions que les entreprises peuvent envisager pour réduire l'impact environnemental de leurs outils numériques :

  • Cadrez le projet :

Définissez une unité fonctionnelle claire pour mieux cerner les besoins réels et tentez de challenger les clients sur leurs besoins réels pour éviter les surdimensionnements.

  • Mesurez l'impact :

En réalisant une analyse du cycle de vie (ACV) multicritère pour évaluer l'impact environnemental de vos projets numériques. Ensuite, vous pouvez prendre en compte les trois composantes de l'architecture numérique : les terminaux utilisateurs, les réseaux et les datacenters. En prenant soin d’intégrer l’ensemble du cycle de vie du produit, de sa fabrication jusqu’à sa fin de vie
 

  • Recherchez des axes d'amélioration :

Pour cela, vous devez tenter d’identifier les améliorations possibles en mesurant leur impact environnemental et en évaluant leur coût et leur faisabilité. Pensez à prioriser les "victoires rapides", c'est-à-dire aux améliorations rapides à mettre en œuvre. Pour suivre l’évolution de votre démarche, vous pouvez définir des indicateurs clés de performance (KPI). De même, rester au courant des nouvelles pratiques plus respectueuses est une démarche d’amélioration continue.
 

  • Prenez des mesures concrètes :

En choisissant des services numériques compatibles avec différents dispositifs (téléphones, tablettes, ordinateurs) et nécessitant des exigences matérielles et logicielles minimales. Ou encore en favorisant, les formations digitales légères, qui offrent une efficacité pédagogique équivalente et à distance lorsque cela est possible. Une posture intéressante à adopter est aussi de remettre en question les besoins réels et privilégiez des solutions qui se rapprochent le plus des besoins identifiés, en évitant les logiciels surchargés inutilement.
 

Chez Klee Group par exemple, une démarche d’amélioration a été mise en place via le module Numérique Responsable qui s'axe sur plusieurs éléments :

  • Optimisation des images (redimensionnements adaptés, format recommandé, ajout de métadatas)
  • Optimisation des vidéos et sons (taille, encoding et poids)
  • Remontée des contenus obsolètes (possibilité de proposer une mise à jour du contenu ou d'alerter l'auteur de la nécessité d’une mise à jour)
  • Optimisation des documents

En adoptant des pratiques durables et en repensant notre utilisation des technologies numériques, nous pouvons forger un avenir où l'innovation et la préservation de la planète coexistent harmonieusement.

  • Par Antonin Scieux

    Klee Conseil

    Stagiaire Consultant en Conduite du Changement

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