PRESSE | Economie Matin : "L'urbanisme, une autre voie de simplification est-elle possible ?"

18/09/2026

Franck Dupuis, associé chez Alenium (Klee Group), a publié une tribune dans Economie Matin le 18 septembre 2026. Il y questionne la logique de simplification qui guide depuis des années les réformes de l'urbanisme et du logement, et propose une autre approche.

Des réformes qui s'empilent

Les textes se succèdent : loi du 26 novembre 2025, décret du 20 février 2026, projet de loi présenté en avril. Aucun ne remplace réellement les précédents, et chaque réforme ajoute une couche supplémentaire au lieu d'alléger le système. Pour les collectivités, cela entretient une instabilité permanente, avec des règles et une jurisprudence qui évoluent plus vite que leur capacité à les intégrer, dans un contexte où les moyens humains des services instructeurs restent limités.

La complexité se reconstitue à l'application

Simplifier le droit ne suffit pas à simplifier la vie des usagers. C'est souvent au moment de l'application que la complexité réapparaît : multiplicité des interlocuteurs, procédures superposées, documents à produire. Franck Dupuis souligne aussi que les causes structurelles demeurent : fragmentation des compétences, manque de moyens, difficulté à garantir une stabilité réglementaire dans le temps.

Trois pistes pour changer de paradigme

Pour y répondre, il avance trois leviers : stabiliser le cadre juridique pour donner de la visibilité aux acteurs locaux, confier une part de la complexité à des outils numériques et à des assistants fondés sur l'IA, à condition qu'ils soient réellement lisibles et adoptés par les collectivités, et mettre en cohérence les outils et les interfaces, à l'image du portail national unifié en place en Grande-Bretagne.

La simplification passe moins par de nouvelles normes que par une meilleure prise en compte des usages. Passer d'un urbanisme administratif, pensé par la règle, à un urbanisme pensé par l'usage, la lisibilité et la capacité opérationnelle, c'est la condition pour que la technologie serve vraiment les collectivités et les citoyens.

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